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Aide à l’Ukraine : remettre les acteurs ukrainiens “au cœur de la réponse humanitaire”

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Après bientôt dix mois de conflit, la France accueille une conférence pour la résilience et la reconstruction de l'Ukraine, mardi 13 décembre à Paris, destinée à "exposer les besoins de l'Ukraine pour assurer sa résilience économique en période de guerre et sa reconstruction à moyen terme, ainsi qu'à favoriser la mobilisation des acteurs économiques français sur ces deux enjeux essentiels", selon les termes du ministère de l'Économie. 

Quarante-sept États et une vingtaine d'institutions internationales sont représentées lors de cette conférence, ainsi que 500 entreprises françaises, bailleurs de fonds et industriels pour définir les urgences et mieux coordonner leur accès. 

"Entendre les besoins de la population civile" 
Dix mois après l'invasion de l'Ukraine par la Russie, le conflit armé s'est installé dans la durée. Pour Caroline Brandao, chercheuse en droit international humanitaire, la solidarité internationale n'est plus aussi forte qu'il y a quelques mois. "On est peut-être arrivé à un moment où il faut étudier des pistes pour avancer et démontrer qu’il n’y a pas de désintérêt pour le conflit", avance l'experte. "Cette conférence peut représenter un message d’espoir pour les Ukrainiens, mais il ne faudrait pas qu’elle soit hors-sol." 

L’enjeu majeur étant d’aider la population à affronter l’hiver, alors que les frappes contre les infrastructures énergétiques se poursuivent. "Il n’y a plus d’énergie, plus d’électricité, plus d’eau. Vivre dans ces conditions, c’est une double peine pour les personnes vulnérables, comme les enfants ou les personnes en situation de handicap, qui n’ont pas pu fuir." 

Malgré les milliards d'euros versés en soutien aux populations, "la réponse humanitaire n’est pas à la hauteur", pour l'experte. "Il faut entendre les besoins de la population civile." 

Selon le chef des droits de l'homme de l'ONU, Volker Türk, 17,7 millions de personnes ont désormais besoin d'une aide humanitaire et 9,3 millions d'aide alimentaire et de moyens de subsistance.

S’appuyer sur les municipalités et la société civile 
Sur le terrain, la coordination entre ONG occidentales et organisations ukrainiennes se heurte à des difficultés. Les acteurs humanitaires, qui ont l'habitude de travailler sur des terrains de guerre dans des États en déliquescence, sont arrivés avec des méthodes inadaptées et se sont sentis dépassés par l'utilisation de la technologie par les Ukrainiens.

"Au début du conflit, l’aide internationale est arrivée avec ses propres méthodes", explique François Grünewald, directeur général du groupe Urgence Réhabilitation Développement (URD), institut indépendant spécialisé sur les pratiques et les politiques humanitaires. "Elle a dû se confronter à des dynamiques totalement différentes d'une société civile ukrainienne qui est très digitalisée." 

Les réseaux d’entraide ukrainiens se sont en effet rapidement organisés sur des groupes Facebook et Telegram. "On avait donc deux bulles déconnectées qui ont mis beaucoup de temps à se coordonner", détaille-t-il. 

L’une des pistes pour mieux se coordonner serait de passer par les collectivités locales. "Les municipalités et les acteurs de la société civile sont au cœur de la réponse humanitaire", affirme François Grünewald. "Il n’existe aujourd’hui aucun mécanisme pour travailler directement avec les municipalités alors qu’elles ont besoin d’argent pour s’approvisionner en matériel."  

Selon l’expert, ce sont surtout les zones urbaines qu’il faut viser. "Les zones rurales se débrouillent avec le bois et les cheminées. Mais en ville, toutes les infrastructures de chauffage sont détruites et ont besoin d’être remplacées." 

Tout détruire pour tout reconstruire 
Penser à l’après, à la reconstruction à moyen terme, c’est une des priorités données lors de la conférence qui aura lieu le 13 décembre. "C’est ce qui permet de donner espoir aux Ukrainiens", explique le directeur du groupe URD. "La banlieue de Kharkiv, par exemple, c’est un océan de ruines. Dans l’ouest, des zones d’infrastructure économiques et industriels très importantes avec des vieilles usines de la période soviétique sont complètement endommagées. Il va falloir tout détruire pour tout reconstruire, cela va prendre énormément de temps." 

La Banque mondiale estime à plus de 500 milliards de dollars le montant nécessaire à la reconstruction des infrastructures ukrainiennes endommagées ou complètement détruites par la Russie.  

FRANCE24….

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